L'essentiel
- Deux marches : la dénomination commune touristique d'abord, le classement en station ensuite. On ne saute pas la première.
- Commune touristique : office classé, animations en saison, capacité d'hébergement au-dessus d'un pourcentage de la population, de 15 % à 4,5 % selon la taille.
- Station classée : office en catégorie I, 70 % d'hébergements classés, mobilités, wifi public, services, activités, stratégie de tourisme durable.
- Les avantages financiers et statutaires sont presque tous réservés à la station.
- Depuis le 1er octobre 2026, les demandes de dénomination se déposent sur le nouveau modèle national.
01Deux marches, pas deux labels
Le 20 août 2026, le Journal officiel a publié un arrêté du 27 juillet qui réécrit l'annexe I de l'arrêté de 2008 : le formulaire de demande de dénomination. La DGE a mis le nouveau modèle en ligne le 21 août, avec une date. L'ancien vaut jusqu'au 30 septembre 2026, le nouveau s'applique aux dossiers déposés à partir du 1er octobre. Une commune qui boucle sa délibération ce mois-ci doit donc vérifier sur quel papier elle l'envoie.
Ce texte rappelle la structure du dispositif, qui date de la loi du 14 avril 2006 et s'applique depuis le 3 mars 2009. La commune touristique est l'échelon de base. La station classée de tourisme reconnaît, selon l'article L133-14, une offre « d'excellence ». L'article L133-13 est net : seule une commune touristique peut devenir station. Les anciens classements, eux, ont cessé de produire leurs effets le 1er janvier 2018 (article L133-17).
Notre avis : ne demandez pas la dénomination pour les avantages qu'elle apporte seule. Demandez-la comme première pièce du dossier de station, ou parce que vos voisins de l'intercommunalité en ont besoin.
02La dénomination commune touristique : trois conditions
Le décret du 20 février 2026, publié le 22, a ajouté une ligne au calcul de la capacité d'hébergement : les lits en auberge collective, classée ou non. Pour une commune de montagne qui compte un gîte d'étape et une auberge de jeunesse, ce n'est pas un détail. Ces lits comptent désormais.
L'article R133-32 pose trois conditions. Un office de tourisme classé compétent sur le territoire, en catégorie I ou II : un office intercommunal suffit, même sans bureau dans la commune. Des animations en période touristique, culturelles, artistiques, gastronomiques ou sportives, que le guide de la DGE veut reconductibles d'une année sur l'autre. Et une capacité d'hébergement d'une population non permanente au moins égale à un pourcentage de la population municipale.
| Population municipale | Capacité d'hébergement minimale |
|---|---|
| Jusqu'à 1 999 habitants | 15 % |
| De 2 000 à 3 499 | 12,5 % |
| De 3 500 à 4 999 | 10,5 % |
| De 5 000 à 9 999 | 8,5 % |
| 10 000 et plus | 4,5 % |
La capacité se calcule avec des coefficients fixés par le même article R133-33 : une chambre d'hôtel ou d'hôtes compte deux, un emplacement de camping trois, un meublé ou un anneau de plaisance quatre, une résidence secondaire cinq, un lit de résidence de tourisme, de village de vacances ou d'auberge collective compte un. Le poids des résidences secondaires fait souvent le dossier. La DGE fournit un tableur de calcul, mis à jour le 20 avril 2026.
La demande vient du conseil municipal. Un EPCI compétent en promotion du tourisme peut aussi la porter pour une, plusieurs ou toutes ses communes (article R133-36).
03Station classée de tourisme : les critères de l'arrêté
L'arrêté du 3 juin 2024 a changé la lecture du critère le plus redouté. Le seuil de 70 % d'hébergements classés ne se calcule plus que sur les hébergements marchands dont Atout France prononce le classement, donc sans les meublés de tourisme. Une commune riche en locations saisonnières non classées n'est plus pénalisée par elles.
L'article R133-37 demande des actions qui assurent « la fréquentation plurisaisonnière ». L'arrêté du 2 septembre 2008, rationalisé le 16 avril 2019, les range en neuf critères.
| Critère | Ce que le guide de la DGE attend |
|---|---|
| 1. Accès et circulation | Au moins un mode de déplacement alternatif à la voiture, un accueil des touristes à vélo, une signalétique routière, cyclable et piétonne vers l'office et les sites |
| 2. Accès à internet | Wifi gratuit dans au moins deux lieux publics, et une information sur la sobriété numérique |
| 3. Hébergements | Quatre natures d'hébergement dont un hôtel, et 70 % des hébergements classables classés |
| 4. Accueil et information | Un office de tourisme classé en catégorie I, ou l'un de ses bureaux |
| 5. Services de proximité | Commerces, restaurants, pharmacie, banque, marché hebdomadaire en saison |
| 6. Activités et équipements | Au moins cinq caractéristiques sur dix, et des activités différentes chaque jour proposées par l'office en saison |
| 7. Urbanisme et environnement | Un document d'urbanisme, une stratégie de tourisme durable pour douze ans, mise à jour au sixième anniversaire |
| 8. Hygiène | Sanitaires publics entretenus, gestion des déchets, avis de l'ARS |
| 9. Sécurité | Un document sur la gestion des risques et l'afflux de population |
Le critère 4 relie directement ce dossier au classement de l'office. Un office classé en catégorie II ne suffit pas pour une station.
À emporter : la grille des critères de classement, à cocher
Recevoir la grille04Les avantages, texte par texte
Le 23 février 2022, l'article L2123-22 du CGCT est entré dans sa version actuelle : il liste les communes dont le conseil peut voter une majoration des indemnités de fonction, et les stations classées de tourisme en font partie. C'est souvent le premier avantage que cite un élu. Ce n'est pas le plus important.
| Avantage | Commune touristique | Station classée | Texte |
|---|---|---|---|
| Débits de boissons calculés avec la population non permanente | Oui | Oui | Art. L3332-1 et R3332-1 du code de la santé publique |
| Jusqu'à 4 autorisations temporaires de vente d'alcool par an lors de manifestations | Oui | Oui | Art. L3335-4 du code de la santé publique |
| Pas de plafond sur la part fixe de la facture d'eau | Oui | Oui | Art. L2224-12-4 du CGCT |
| Majoration des indemnités des élus, 50 % sous 5 000 habitants, 25 % au-delà | Non | Oui | Art. L2123-22 et R2123-23 du CGCT |
| Surclassement démographique pour les emplois communaux | Non | Oui | Art. L133-19 du Code du tourisme, L313-2 du CGFP |
| Taxe additionnelle aux droits de mutation perçue en direct sous 5 000 habitants | Non | Oui | Art. 1584 du CGI |
| Concessions de plage exploitées jusqu'à 8 mois au lieu de 6 | Non | Oui | Art. R2124-17 du CG3P |
Deux idées reçues à corriger. La taxe de séjour n'est pas réservée aux communes touristiques : l'article L2333-26 du CGCT l'ouvre aussi aux communes qui mènent des actions de promotion du tourisme. Et la dénomination ne crée pas de DGF nouvelle. La part touristique de la dotation forfaitaire (article L2334-7) reprend des sommes perçues en 1993, et la majoration d'un habitant par résidence secondaire (article L2334-2) vaut pour toutes les communes.
La taxe additionnelle mérite un calcul. Le guide de la DGE le dit en toutes lettres : avec un marché immobilier calme, la perception directe peut rapporter moins que le fonds de péréquation départemental auquel la station renonce.
La dénomination crée aussi une obligation : conclure avec l'État une convention sur le logement des saisonniers (article L301-4-1 du code de la construction et de l'habitation).
05Procédure et durée
Depuis le 22 février 2026, les délais sont écrits noir sur blanc dans le code. Le préfet a deux mois pour signaler une pièce manquante, puis deux mois pour décider une fois le dossier complet. Passé ce délai, son silence vaut rejet. Il ne vaut pas accord.
- 1
Délibérer
Le conseil municipal, ou l'EPCI compétent, délibère et adresse la demande au préfet de département, par voie électronique ou par courrier, sur le modèle national en vigueur.
- 2
Attendre l'avis de complétude
Le préfet dispose de deux mois pour lister les pièces manquantes. Le dossier est complet à la réception de la dernière.
- 3
Recevoir l'arrêté
Deux mois après complétude au plus. L'arrêté est notifié et publié au recueil des actes administratifs ; un rejet est motivé.
- 4
Tenir les critères dans la durée
Cinq ans pour la commune touristique, douze ans pour la station. Pendant le classement en station, la dénomination est conservée sans renouvellement (article L133-15).
Pour la station, le dossier comprend une note de synthèse critère par critère, les photos et plans, l'arrêté de dénomination en cours de validité et l'arrêté de classement de l'office. Une copie de l'arrêté final part à la DGE, qui tient le fichier national des stations classées. La DGE publie une carte des communes et stations, pas de total consolidé : sur leur nombre exact au 27 septembre 2026, nous n'avons pas de chiffre officiel à citer.
Le même contenu, à imprimer : la grille des critères de classement, à cocher
Recevoir la grille06Ce que la carte du territoire montre à l'instructeur
Le guide de la DGE de juillet 2024 demande, pour le critère 1, de citer « les différents canaux de communication » qui informent les usagers sur les modes de déplacement : panneau, affichage, site de l'office. L'article R133-37 veut un accès à l'information touristique en plusieurs langues. Le critère 6 attend de l'office un programme d'activités différent chaque jour de la saison.
Aucun critère n'exige une carte interactive. Une carte embarquée sur le site de l'office rassemble pourtant, sur une seule page, ce que l'instructeur cherche dans trois critères : les itinéraires à pied et à vélo, les lieux de service, les points d'accueil. Sur les cartes La Trace, 134 531 itinéraires sont publiés et publics au 27 septembre 2026, dont 87 340 pédestres et 34 150 à vélo.
Le Parc naturel régional de Chartreuse : itinéraires, lieux et informations pratiques sur une seule carte.
Une capture d'écran de cette page, jointe au dossier, montre un canal d'information réel. C'est plus parlant qu'une phrase.
07Les pièges d'un classement de douze ans
Le calendrier se croise mal. L'office de tourisme est classé pour cinq ans, la station pour douze. Au moins deux renouvellements du classement de l'office tombent donc pendant celui de la station.
Ce qui fait perdre le classement
Le guide de la DGE cite quatre manquements qui peuvent justifier l'abrogation de l'arrêté : la stratégie de tourisme durable non transmise au sixième anniversaire, un office qui perd sa catégorie I, un taux d'hébergements classés durablement sous 70 %, une dégradation prolongée de l'hygiène. Le préfet alerte d'abord la commune, puis suit une procédure contradictoire.
Autre piège : à l'échéance des douze ans, la dénomination commune touristique n'est plus couverte. Il faut la redemander avant de déposer le renouvellement de la station. Et la perte du classement ne supprime pas les postes créés grâce au surclassement : les agents les gardent, mais la commune revient à sa strate au rythme des départs (article L133-19).
Avant de déposer un dossier de station
- Arrêté de dénomination commune touristique valide pendant toute l'instruction
- Office classé en catégorie I, avec une échéance postérieure à l'instruction
- Tableur DGE rempli, 70 % atteint sans les meublés de tourisme
- Stratégie de tourisme durable sur douze ans, et date du bilan à six ans notée
- Avis de l'ARS demandé
- Canaux d'information sur les mobilités listés, avec captures
FAQ
Quels sont les avantages d'une commune touristique ?
Surtout réglementaires : débits de boissons calculés avec la population saisonnière, autorisations temporaires de vente d'alcool lors de manifestations, pas de plafond sur la part fixe de l'eau. Elle ouvre surtout la porte du classement en station, qui porte les avantages financiers.
Quelle différence entre commune touristique et station classée de tourisme ?
La commune touristique est dénommée pour cinq ans sur trois conditions. La station classée l'est pour douze ans sur neuf familles de critères, dont un office en catégorie I et 70 % d'hébergements classés. Il faut être commune touristique pour devenir station.
Une station classée peut-elle majorer les indemnités des élus ?
Oui, par un vote distinct du conseil municipal. Le plafond est de 50 % pour une commune de moins de 5 000 habitants et de 25 % au-delà (articles L2123-22 et R2123-23 du CGCT).
Faut-il être commune touristique pour lever la taxe de séjour ?
Non. L'article L2333-26 du CGCT permet aussi aux communes qui mènent des actions de promotion du tourisme de l'instituer.
Que se passe-t-il si le préfet ne répond pas ?
Deux mois après que le dossier est complet, son silence vaut rejet. Il faut alors redéposer ou contester la décision implicite.
Sources
- Articles L133-11 à L133-18 du Code du tourisme, communes touristiques et stations classées, consultés le 27 septembre 2026
- Article L133-19 du Code du tourisme, surclassement démographique, version en vigueur depuis le 1er mars 2022, consulté le 27 septembre 2026
- Articles R133-32 à R133-43 du Code du tourisme, consultés le 27 septembre 2026
- Décret n° 2026-121 du 20 février 2026 relatif aux communes touristiques et à la procédure de classement des stations classées de tourisme, JORF du 22 février 2026, consulté le 27 septembre 2026
- Arrêté du 2 septembre 2008 relatif aux communes touristiques et aux stations classées de tourisme, version consolidée, consulté le 27 septembre 2026
- Arrêté du 27 juillet 2026 modifiant l'annexe I de l'arrêté du 2 septembre 2008, JORF du 20 août 2026, consulté le 27 septembre 2026
- Stations classées et communes touristiques, Direction générale des Entreprises, mise à jour du 25 septembre 2026, consulté le 27 septembre 2026
- Guide méthodologique des procédures relatives aux communes touristiques et aux stations classées, DGE, version de juillet 2024, consulté le 27 septembre 2026
- Article L2123-22 du CGCT, majorations d'indemnités de fonction, version en vigueur depuis le 23 février 2022, consulté le 27 septembre 2026
- Article R2123-23 du CGCT, taux des majorations, consulté le 27 septembre 2026
- Article L313-2 du code général de la fonction publique, consulté le 27 septembre 2026
- Article 1584 du code général des impôts, taxe additionnelle aux droits d'enregistrement, consulté le 27 septembre 2026
- Article L2333-26 du CGCT, taxe de séjour, consulté le 27 septembre 2026
- Article L2334-7 du CGCT, dotation forfaitaire, consulté le 27 septembre 2026
- Article L2334-2 du CGCT, population prise en compte pour la DGF, consulté le 27 septembre 2026
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Les critères des catégories I et II, groupés comme dans l'arrêté, avec la pièce justificative de chacun et une colonne pour noter où en est votre office.
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