Réglementation

Classer son office de tourisme en catégorie I ou II, critère par critère

Un office de tourisme se classe en catégorie I ou en catégorie II. Il n'y en a plus d'autre depuis le 1er juillet 2019. La grille tient en 19 critères fixés par l'arrêté du 16 avril 2019 : treize suffisent pour la catégorie II, quinze sont exigés pour la catégorie I. La collectivité délibère, le préfet décide dans les deux mois qui suivent le dossier complet, et le classement vaut cinq ans.

Par Lucas Tesnier, co-fondateur de La Trace · Publié le 27 septembre 2026 · Lecture 16 minutes

  • 19 critèresdans la grille, contre 48 dans celle de 2010Guide méthodologique de la DGE, septembre 2020
  • 240 jours et 1 680 heuresd'ouverture par an au moins pour la catégorie IArrêté du 16 avril 2019, annexe, critère 5
  • 180 jours et 1 080 heuresd'ouverture par an au moins pour la catégorie IIArrêté du 16 avril 2019, annexe, critère 4
  • 5 ETPpermanents pour la catégorie I, 3 ETP pour la catégorie IIArrêté du 16 avril 2019, annexe, critères 15 et 16
  • 5 ansde classement, décidé dans les 2 mois suivant le dossier completCode du tourisme, articles D133-24 et D133-25

L'essentiel

  • Deux catégories seulement : la catégorie III a disparu avec l'arrêté du 16 avril 2019.
  • La catégorie II ajoute l'anglais, un site bilingue et 3 ETP ; la catégorie I, une troisième langue, une marque qualité, un observatoire de satisfaction et 5 ETP.
  • C'est la commune ou l'EPCI qui délibère et dépose, sur proposition de l'office, pas l'office seul.
  • Le contrôle porte au minimum sur le bureau d'information principal, et sur ceux des stations classées du ressort pour la catégorie I.
  • Une traduction automatique non relue ou un site mal tenu suffisent à justifier un refus, dit le guide de la DGE.

01Ce que le classement change pour l'office et sa commune

Le 25 avril 2019, le Journal officiel publie l'arrêté du 16 avril 2019 fixant les critères de classement des offices de tourisme. Pour un directeur d'office qui préparait un renouvellement en catégorie III, le texte change tout : la catégorie disparaît, et son dossier doit viser la II ou la I. Sept ans plus tard, c'est toujours cette grille qui s'applique.

Le classement est volontaire. L'article L133-10-1 du code du tourisme le dit en une phrase : l'office « peut faire l'objet d'un classement dans des conditions fixées par décret ». Personne n'oblige un office à se classer. Ce qui pousse à le faire, c'est ce que le classement ouvre à la commune.

Le guide méthodologique publié par la DGE en septembre 2020 décrit trois strates. Un office non classé d'abord, pour la commune qui valorise son patrimoine sans demander la reconnaissance de l'État. Un office en catégorie II ensuite, qui ouvre droit à la dénomination de commune touristique. Un office en catégorie I enfin, seul à permettre le classement de la commune en station de tourisme. La page commune touristique et station classée détaille ce que chacun de ces statuts apporte.

Notre avis : visez la catégorie I seulement si une commune de votre ressort vise la station classée. Sinon, la II donne l'essentiel pour un effort bien moindre.

02Les 19 critères de l'arrêté du 16 avril 2019

L'annexe de l'arrêté est un tableau. Chaque ligne porte un critère et une croix dans la colonne de la catégorie qui l'exige. Le guide de la DGE le résume : la grille est passée de 48 critères à 19, et ses thèmes regardent davantage « les services rendus aux touristes plutôt que [...] l'organisation et la gouvernance interne de la structure ». Certains critères existent en deux versions, une par catégorie : l'ouverture (4 et 5), les langues d'accueil (6 et 7), le site internet (10 et 11), les moyens humains (15 et 16).

N°Critère, en résuméCat. IICat. I
1Espace d'accueil facile d'accès, proche des flux, signalé et doté d'une enseigneOuiOui
2Espace dédié à l'accueil, accessible à tout public, où l'on peut s'asseoirOuiOui
3Internet haut débit sans fil gratuit dans l'espace d'accueilOuiOui
4Bureau principal ouvert 180 jours et 1 080 heures par an, 3 heures par jour au moinsOui
5Bureau principal et bureaux des stations classées ouverts 240 jours et 1 680 heures, 4 heures par jourOui
6Accueil permanent en français et en anglais, badge avec fonction et languesOui
7Accueil permanent en français, anglais et une autre langue, y compris dans les stations classéesOui
8Information complète et à jour, système de gestion informatisé, tout sur le site internetOuiOui
9Plans ou cartes touristiques gratuits sur papierOuiOui
10Site adapté au fixe et au mobile, en français et en anglais, traduit par des personnes qualifiéesOui
11Même site, en français, anglais et une autre langueOui
12Réclamations collectées et traitées, satisfaction étudiée, procédures internes formaliséesOuiOui
13Certification, label ou marque qualité reconnus par un tiersOui
14Comptes sur les réseaux sociaux, animés, avec réponse aux questions et aux avisOuiOui
15Responsable de niveau 5 ou expérience équivalente, 3 ETP permanentsOui
16Directeur de niveau 6 ou expérience équivalente, 5 ETP permanentsOui
17Tableau de bord de la fréquentation touristique localeOuiOui
18Observatoire de la satisfaction à l'échelle de la destination et gestion de la relation clientOui
19Stratégie touristique écrite, mise en œuvre et validée par la collectivitéOuiOui

Treize critères pour la catégorie II, quinze pour la catégorie I. La différence ne tient pas au nombre mais au niveau : deux critères seulement (13 et 18) n'ont aucun équivalent en catégorie II. Les quatre autres écarts sont des seuils relevés.

03Accueil, ouverture et langues : ce qui se vérifie au comptoir

Depuis le 1er juillet 2019, un visiteur étranger qui entre dans le bureau principal d'un office de catégorie I doit y trouver quelqu'un qui lui répond en français, en anglais et dans au moins une autre langue adaptée à la clientèle, et un badge qui annonce la fonction et les langues parlées. Ces critères, 1 à 7, sont ceux que l'agent de préfecture vérifie en entrant.

L'espace d'accueil (critères 1 à 3). Il est proche des flux touristiques, signalé depuis la voie publique, et équipé d'un wifi haut débit gratuit. Le guide précise ce que le critère 2 sous-entend : l'espace doit être accessible aux personnes à mobilité réduite et assez grand pour absorber un flux. Le dossier donne la superficie, les dispositifs pour les personnes à mobilité réduite, la signalétique, les caractéristiques du wifi, avec photographies.

L'ouverture (critères 4 et 5). L'exigence se compte en jours et en heures par an : 180 jours et 1 080 heures en catégorie II, avec au moins 3 heures pour qu'une journée compte ; 240 jours et 1 680 heures en catégorie I, avec 4 heures au moins. Les heures de plusieurs bureaux, et celles des conseillers en séjour déployés hors les murs, s'additionnent, à une condition : les plages ne se chevauchent pas. Le guide ajoute que ces conseillers doivent avoir les mêmes compétences, linguistiques notamment, que le personnel du bureau.

Les langues (critères 6 et 7). L'anglais est le minimum de tout office classé. En catégorie I, une troisième langue s'ajoute, choisie selon la clientèle étrangère réellement accueillie. Un organigramme, des fiches de poste et des CV faisant apparaître les langues permettent de valider le critère.

Ce que le calcul d'ouverture ne permet pas

Un bureau de plage ouvert du mardi au dimanche aux mêmes heures que le bureau du centre-ville n'ajoute rien : le guide de la DGE refuse le cumul quand les horaires sont identiques. Le cumul sert à déplacer l'accueil selon la saison, pas à compter deux fois la même heure. Préparez un tableau jour par jour de tous les lieux d'accueil : c'est lui que l'instructeur additionnera.

04Information, site internet et plan papier : les critères du numérique

L'arrêté de 2019 a supprimé l'obligation d'éditer des brochures. Le guide de la DGE l'écrit sans nuance : « l'obligation d'éditer des brochures sous format papier est supprimée », le numérique devient « le mode de consultation privilégié ». Pour un office, le centre de gravité du dossier bascule vers son site.

L'information (critère 8). L'office recueille, valide et diffuse une information aussi complète que possible sur les hébergements, les sites, les événements, les transports, la location de véhicules et tout service utile. Il dispose pour cela d'un système de gestion informatisé, et « toutes ces informations sont disponibles sur le site internet ». Le guide prévient qu'une information indigente ou périmée sur le site peut justifier un refus de classement. Le système informatisé, dans la plupart des territoires, c'est le système d'information touristique alimenté par les prestataires.

Le plan papier (critère 9). C'est la seule exception au tout numérique. L'office fournit gratuitement un plan ou une carte touristique sur papier, pour que le visiteur s'oriente. Sa traduction n'est pas obligatoire, et le guide suggère de le financer par des partenariats avec les commerçants qui y figurent. Une carte en ligne, aussi riche soit-elle, ne remplace pas ce plan.

Le site (critères 10 et 11). Il fonctionne sur ordinateur et sur mobile, dans les principaux navigateurs, en français et en anglais pour la catégorie II, avec une langue de plus pour la catégorie I. La traduction est faite par des personnes qualifiées. Le guide ferme la porte à la traduction automatique : sans « la supervision d'un locuteur averti », elle ne valide pas le critère. Le dossier dit dans quelles langues le site est traduit, par qui, et pour quels navigateurs il est testé.

Une carte d'itinéraires et de lieux intégrée au site d'un territoire : l'information du critère 8, consultable sur ordinateur et sur mobile comme l'exigent les critères 10 et 11.

La carte des itinéraires et des lieux se range dans ce bloc de critères. Elle affiche l'offre recueillie au titre du critère 8, sur le site que contrôlent les critères 10 et 11, et elle se consulte sur mobile. Sur les cartes La Trace, 720 806 sessions ont été ouvertes du 10 avril au 26 septembre 2026, pour une durée moyenne de 5 min 53 : un visiteur y reste le temps de préparer une sortie. Une limite, cependant. L'arrêté ne nomme aucun outil, ni carte, ni application. Il juge l'information et le site, pas la manière de les produire.

À emporter : la grille des critères de classement, à cocher

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05Qualité, moyens humains, statistiques et stratégie

Le 16 avril 2019, le ministre fait entrer dans la grille des critères qui ne se voient pas depuis le comptoir : la manière dont l'office écoute ses clients, qui il emploie, ce qu'il mesure et ce que la collectivité lui demande. Ce sont les critères 12 à 19, et ils pèsent plus lourd dans le dossier que dans la visite.

L'écoute du client (critères 12 à 14). Tout office classé collecte et traite les réclamations, étudie la satisfaction et formalise ses procédures d'accueil. Il anime des comptes sur les réseaux sociaux et y répond aux questions et aux avis ; le dossier nomme les réseaux et la fréquence des publications. La catégorie I exige en plus une certification, un label ou une marque qualité reconnue par un tiers. Le guide cite la marque d'État Qualité Tourisme, la certification NF Service de l'AFNOR et l'ISO 9001.

Qualité Tourisme avant la catégorie I : le cercle, et sa sortie

La marque Qualité Tourisme suppose en principe un office déjà classé. Pour l'office qui vise directement la catégorie I, le guide de la DGE prévoit une sortie : l'usage de la marque peut être accordé à condition d'obtenir le classement dans les six mois, et ce droit temporaire valide le critère 13.

Les moyens humains (critères 15 et 16). La catégorie II demande un responsable titulaire d'une formation de niveau 5, soit bac +2 selon le guide, ou justifiant d'une expérience dans un poste similaire, et au moins 3 équivalents temps plein travaillé permanents. La catégorie I demande un directeur de niveau 6, bac +3 ou +4, et 5 ETP permanents. Les saisonniers ne comptent pas dans les ETP ; le poste de direction, si. L'accueil en langues étrangères, lui, peut être assuré par des emplois non permanents.

Les statistiques (critères 17 et 18). Tout office classé tient un tableau de bord de la fréquentation locale : visiteurs accueillis, fréquentation du site internet, et, dans la mesure du possible, nature et durée des séjours, fréquentation des hébergements et des sites. La catégorie I ajoute un observatoire de la satisfaction à l'échelle de la destination, mené avec les partenaires, et une gestion de la relation client interne à l'office. Les statistiques d'une carte en ligne, sessions, itinéraires ouverts, traces téléchargées, entrent dans ce tableau de bord comme une ligne parmi d'autres.

La stratégie (critère 19). L'office élabore et met en œuvre une stratégie qui précise ses missions en six domaines : accueil, commercialisation, animation du réseau et accompagnement dans la transition numérique, promotion, sensibilisation au développement durable, amélioration de l'offre par le classement des hébergements et la diffusion des marques. La collectivité la valide. Le dossier la joint en annexe.

Notre avis : c'est le critère 19 qui fait tomber le plus de calendriers. Une stratégie à faire voter suit le rythme des conseils communautaires, pas celui du dossier.

06De la délibération à l'arrêté préfectoral : la procédure

Le décret du 7 mars 2019 a réécrit l'article D133-22 du code du tourisme : depuis le 10 mars 2019, le dossier part au préfet « par voie électronique ou postale ». Le reste de la procédure tient dans les articles D133-21 à D133-25, et il donne à la collectivité, pas à l'office, le rôle principal.

  1. 1

    L'office propose

    La délibération qui sollicite le classement est prise « sur proposition de l'office de tourisme » (article D133-21). L'office monte le dossier, pièce par pièce, critère par critère.

  2. 2

    La collectivité délibère

    Le conseil municipal ou l'organe délibérant de l'intercommunalité vote la demande. Depuis la loi NOTRe du 7 août 2015, la compétence de promotion du tourisme revient à l'intercommunalité ; le guide de la DGE estime à environ 150 les communes qui l'ont gardée, stations classées ou en voie de l'être, grâce à la loi Montagne du 28 décembre 2016.

  3. 3

    Le dossier part en préfecture

    Le maire, ou le président de l'intercommunalité, adresse la délibération et le dossier au représentant de l'État dans le département (article D133-22). Le formulaire à suivre est la fiche d'instruction de la DGE, une par catégorie.

  4. 4

    La préfecture vérifie la complétude

    Si le dossier est incomplet, le préfet le signale dans les deux mois et liste les pièces manquantes (article D133-23). Le guide recommande une visite sur place, que l'article D133-26 autorise.

  5. 5

    Le préfet décide

    La décision est prise par arrêté du préfet de département, dans les deux mois qui suivent la réception du dossier complet (article D133-24). Le classement vaut cinq ans (article D133-25). L'arrêté est ensuite transmis à la DGE, à des fins statistiques.

Le classement ne se renouvelle pas tout seul. À l'échéance des cinq ans, il faut délibérer et déposer à nouveau. Comptez à rebours : deux mois au plus pour la complétude, deux mois pour la décision, et le temps de réunir le conseil. Lancer le renouvellement six mois avant l'échéance n'a rien d'excessif.

07Le périmètre contrôlé : bureau principal, stations classées, fusions

Depuis la loi NOTRe, un office intercommunal gère souvent plusieurs bureaux d'information touristique autour d'un service administratif unique. Le guide de la DGE en tire la règle du périmètre. Les critères d'accueil, numéros 1 à 7 et 9, se contrôlent au minimum sur le bureau principal, celui qui a la plus forte affluence dans l'année. Les autres critères se jugent au niveau de la structure.

La catégorie I élargit ce périmètre. Les bureaux situés dans une station classée de tourisme du ressort sont contrôlés en plus du bureau principal, et doivent tenir les exigences de la catégorie I en ouverture et en langues. Le guide est net sur la conséquence : si l'un d'eux ne les tient pas, la commune ne pourra plus prétendre au renouvellement de son classement en station. L'office peut aussi inclure d'autres bureaux dans le contrôle, pour préparer la future demande d'une commune qui vise la station.

Les fusions ont leurs propres règles, toujours selon le guide. Quand un office classé en absorbe d'autres, son classement s'étend à toute la structure. Quand plusieurs offices de même catégorie fusionnent, la nouvelle structure garde cette catégorie jusqu'à l'échéance la plus proche. Quand leurs catégories diffèrent, elle garde celle de l'office qui gérait le bureau le plus fréquenté. Dans tous les cas, aucun nouvel arrêté n'est nécessaire.

Notre avis : avant une fusion, relevez la date d'échéance de chaque arrêté. C'est la plus proche qui fixe le prochain dossier.

08Le guide méthodologique de la DGE, ce qu'il ajoute à l'arrêté

Le guide « Procédure relative au classement des offices de tourisme », daté de septembre 2020, est le document que lit l'instructeur de la préfecture. L'arrêté dit quoi exiger ; le guide dit comment le vérifier, et quelles pièces le prouvent. Il est publié par la Direction générale des entreprises, avec deux fiches d'instruction, une pour chaque catégorie, qui reprennent les critères un à un avec une case oui, une case non et une ligne de commentaire.

Ce que le guide ajoute se range en quatre familles. Des précisions de lecture d'abord : l'accessibilité aux personnes à mobilité réduite derrière le critère 2, le refus de la traduction automatique non relue derrière les critères 10 et 11, le niveau de diplôme traduit en bac +2 ou bac +3. Des règles de calcul ensuite : le cumul des heures d'ouverture, le décompte des ETP sans les saisonniers. Des règles de périmètre, vues plus haut. Et un modèle d'arrêté préfectoral, avec ses visas : le code du tourisme, articles L133-10-1 et D133-20 et suivants, l'arrêté du 16 avril 2019, la délibération de la collectivité.

Qui cherche aujourd'hui « le guide méthodologique du classement » tombe parfois sur des documents qui commentaient la grille de 2010 et ses trois catégories. Ils ne servent plus. Le seul guide à suivre est celui de septembre 2020, publié sur le site de la DGE avec les fiches d'instruction.

Notre avis : montez le dossier dans l'ordre de la fiche d'instruction, pas dans celui de votre organigramme. L'instructeur coche la fiche de haut en bas.

Le même contenu, à imprimer : la grille des critères de classement, à cocher

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09L'ex-catégorie III : ce qu'elle est devenue

Entre 2010 et 2019, l'arrêté du 12 novembre 2010 classait les offices en trois catégories. La catégorie III était la plus accessible. Le guide de la DGE explique pourquoi elle a disparu : la distinction entre les catégories II et III était « très ténue » et n'avait « pas de conséquence juridique ». L'arrêté du 16 avril 2019 abroge celui de 2010 et ne garde que deux catégories.

L'article 3 de l'arrêté a organisé la transition. Les dossiers déclarés complets avant le 1er juillet 2019 restaient jugés sur l'ancienne grille, et les offices classés avant cette date conservaient leur classement « pour la durée fixée par l'arrêté préfectoral ». Un classement vaut cinq ans : les derniers classements en catégorie III, prononcés au plus tard à l'été 2019, sont arrivés à échéance au plus tard en 2024. En 2026, un office qui se dit « catégorie 3 » affiche un classement échu.

Pour un office qui était en catégorie III, la voie naturelle est la catégorie II. L'écart porte sur les langues, le site bilingue traduit par des personnes qualifiées, les 3 ETP permanents et la stratégie validée par la collectivité. Reprenez la grille ligne par ligne plutôt que l'ancien dossier : 48 critères sont devenus 19, et leur formulation a changé.

10Perdre son classement : injonction, déclassement, rétrogradation

L'article D133-26 du code du tourisme oblige l'office classé à admettre la visite des agents de l'État chargés du tourisme. Le classement n'est donc pas acquis pour cinq ans quoi qu'il arrive. Un touriste peut aussi s'en mêler : l'article D133-28 permet d'adresser au préfet une réclamation faisant état d'un manquement.

La sanction suit une procédure. Le préfet adresse d'abord une injonction de mise en conformité, avec un délai de trois mois, communiquée au maire ou au président de l'intercommunalité (article D133-27). Faute de mise en conformité, il prononce le déclassement ou la radiation. Le guide ajoute la rétrogradation de la catégorie I vers la catégorie II. Aucune sanction ne tombe sans que le représentant légal de l'office ait été avisé et invité à se faire entendre (article D133-29).

Nous n'avons pas de mesure du nombre de déclassements prononcés chaque année : la DGE reçoit les arrêtés, mais ne publie pas ce décompte à notre connaissance. Retenez la règle : trois mois pour corriger, et le droit d'être entendu.

11Les pièges d'un dossier de classement

Le premier piège est le calcul d'ouverture. Additionner deux bureaux ouverts aux mêmes heures, ou compter une journée de deux heures, fait tomber les critères 4 et 5 à l'instruction. Le tableau jour par jour, lieu par lieu, évite la discussion.

Le deuxième est le site. Une version anglaise produite par un traducteur automatique sans relecture, une rubrique événements vide depuis l'hiver, un affichage cassé sur un navigateur courant : le guide cite chacun de ces cas comme motif possible de refus. Avant de déposer, ouvrez votre site sur un téléphone, dans chaque langue, et lisez les agendas.

Le troisième est l'effectif. Les ETP se comptent en permanents, direction comprise, saisonniers exclus. Un office qui arrive à 5 ETP en été et à 3,6 en novembre n'a pas ses 5 ETP.

Le quatrième est la stratégie. Un document interne à l'office ne suffit pas : le critère 19 exige qu'elle soit « validée par la collectivité ». Sans délibération, le critère n'est pas rempli.

Avant d'envoyer le dossier en préfecture

  • La délibération de la commune ou de l'EPCI vise la catégorie demandée
  • Le tableau d'ouverture couvre chaque bureau et chaque accueil hors les murs, sans chevauchement
  • Les langues d'accueil sont prouvées par un organigramme, des fiches de poste ou des CV
  • Le site est testé sur mobile et sur ordinateur, dans chaque langue, traductions relues
  • Le plan papier gratuit existe et se trouve au comptoir
  • Les ETP permanents sont comptés sans les saisonniers, direction comprise
  • La stratégie touristique porte la date de sa validation par la collectivité
  • Pour la catégorie I : la marque ou la certification qualité, et l'observatoire de satisfaction
  • Les bureaux des stations classées du ressort tiennent les exigences de la catégorie I

FAQ

Quelle est la différence entre un office de tourisme de catégorie 1 et de catégorie 2 ?

La catégorie I relève les seuils de la catégorie II et ajoute deux critères. Ouverture de 240 jours et 1 680 heures contre 180 jours et 1 080 heures, une troisième langue à l'accueil et sur le site, un directeur de niveau 6 et 5 ETP contre un responsable de niveau 5 et 3 ETP. S'y ajoutent une marque ou une certification qualité et un observatoire de la satisfaction. Seule la catégorie I permet à la commune de devenir station classée.

La catégorie 3 des offices de tourisme existe-t-elle encore ?

Non. L'arrêté du 16 avril 2019 l'a supprimée pour les dossiers déposés à partir du 1er juillet 2019. Les offices déjà classés en catégorie III ont gardé leur classement jusqu'à son échéance, soit cinq ans au plus, et ces classements sont aujourd'hui échus.

Qui demande le classement d'un office de tourisme ?

La commune ou l'intercommunalité compétente, par une délibération prise sur proposition de l'office. Depuis la loi NOTRe, c'est le plus souvent l'EPCI. Le maire ou le président adresse ensuite la délibération et le dossier au préfet du département.

Combien de temps dure la procédure de classement ?

Le préfet a deux mois pour signaler un dossier incomplet, puis deux mois pour décider à compter du dossier complet. Il faut ajouter le temps de monter le dossier et de faire délibérer la collectivité, qui dépend du calendrier des conseils.

Où trouver le guide méthodologique du classement des offices de tourisme ?

Sur le site de la Direction générale des entreprises, à la page consacrée aux offices de tourisme. Le guide de septembre 2020 y est publié avec les deux fiches d'instruction, une par catégorie.

Un office de tourisme doit-il encore éditer des brochures papier ?

Non, l'arrêté de 2019 a supprimé cette obligation. Reste une exception : le plan ou la carte touristique gratuite sur papier du critère 9, exigée des deux catégories.

Sources

  1. Arrêté du 16 avril 2019 fixant les critères de classement des offices de tourisme, NOR ECOI1822607A, JORF du 25 avril 2019, version en vigueur, consulté le 27 septembre 2026
  2. Article L133-10-1 du code du tourisme, consulté le 27 septembre 2026
  3. Articles D133-20 à D133-29 du code du tourisme, classement des offices, versions en vigueur, dont D133-20 et D133-22 issus du décret n° 2019-174 du 7 mars 2019, consultés le 27 septembre 2026
  4. Arrêté du 12 novembre 2010 fixant les critères de classement des offices de tourisme, abrogé, consulté le 27 septembre 2026
  5. Guide méthodologique, procédure relative au classement des offices de tourisme, DGE, septembre 2020, consulté le 27 septembre 2026
  6. Les offices de tourisme, Direction générale des entreprises, avec les fiches d'instruction des catégories I et II, consulté le 27 septembre 2026
  7. Fiche d'instruction pour le classement des offices de tourisme, catégorie I, DGE, consultée le 27 septembre 2026
  8. Fiche d'instruction pour le classement des offices de tourisme, catégorie II, DGE, consultée le 27 septembre 2026
  9. Qualification de l'offre, ADN Tourisme, consulté le 27 septembre 2026
  10. Mesure La Trace en base, sessions sur les cartes La Trace du 10 avril au 26 septembre 2026, relevée le 27 septembre 2026
Lucas Tesnier

Lucas Tesnier

Co-fondateur de La Trace

Lucas Tesnier a cofondé La Trace en 2023 et en dirige le produit et la technique. Il écrit sur ce qu'il voit chez les offices, les parcs et les hébergeurs qui publient leurs itinéraires : l'intégration, les données, les marchés publics.

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La grille des critères de classement d'un office de tourisme, à cocher

Les critères des catégories I et II, groupés comme dans l'arrêté, avec la pièce justificative de chacun et une colonne pour noter où en est votre office.

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