L'essentiel
- Le statut est fixé par délibération du conseil municipal ou de l'intercommunalité (L133-2, R133-19).
- En EPIC, les élus détiennent la majorité du comité de direction et le directeur ne peut pas être conseiller municipal.
- Un EPIC et une SPL sont des pouvoirs adjudicateurs : leurs propres achats suivent le Code de la commande publique.
- La SPL n'a que des actionnaires publics, au moins deux ; la SEM ouvre son capital au privé.
- Une station classée de tourisme peut garder son office communal, par délibération, après avis de la communauté de communes.
01Qui choisit le statut, et depuis quand c'est l'intercommunalité
Le 7 août 2015, la loi NOTRe a fait de la « promotion du tourisme, dont la création d'offices de tourisme » une compétence obligatoire des communautés de communes et d'agglomération, avec une échéance : le 1er janvier 2017. Un directeur d'office communal a vu, ce jour-là, son conseil d'administration changer de maître. L'article L134-1 du Code du tourisme confie depuis cette compétence aux communautés, aux métropoles et à la métropole de Lyon.
La règle de fond n'a pas bougé. L'article L133-2 dit que « le statut juridique et les modalités d'organisation de l'office de tourisme sont déterminés par le conseil municipal », lu aujourd'hui comme l'organe délibérant de l'EPCI qui détient la compétence. L'article R133-19 fixe le minimum d'une délibération pour tout office qui n'est pas un EPIC : le statut, et la composition de l'organe délibérant, avec le nombre de sièges des élus et celui des professions intéressées au tourisme.
Notre avis : le statut se choisit au moment du transfert, pas après. Une fusion d'offices est le seul moment où l'on redessine la gouvernance sans avoir à défaire l'existant.
02Les six statuts, côte à côte
Le tableau ci-dessous se lit ligne par ligne. Il ne tranche pas pour vous : un office de montagne qui gère un palais des congrès et un office rural qui fait de l'accueil n'ont pas les mêmes besoins.
| Statut | Personne morale | Qui gouverne | Personnel | Achats de l'office |
|---|---|---|---|---|
| Régie administrative (SPA) | Non, service de la collectivité | Conseil de la collectivité, organe fixé par délibération (R133-19) | Agents de la collectivité | Passés par la collectivité |
| Régie à autonomie financière (SPIC) | Non, budget annexe | Conseil d'exploitation, sous l'autorité de la collectivité | Agents de la collectivité | Passés par la collectivité |
| EPIC | Oui, de droit public | Comité de direction à majorité d'élus (L133-5), directeur (L133-6) | Droit privé pour l'essentiel | Pouvoir adjudicateur (L1211-1, 1°) |
| Association loi 1901 | Oui, de droit privé | Conseil d'administration, statuts associatifs | Droit privé | Pouvoir adjudicateur si financée ou contrôlée majoritairement par une collectivité |
| SPL | Oui, société anonyme | Conseil d'administration d'actionnaires publics, au moins deux (L1531-1 CGCT) | Droit privé | Pouvoir adjudicateur |
| SEM | Oui, société anonyme | Conseil à majorité publique, actionnaires privés possibles | Droit privé | À examiner au cas par cas |
Dans tous les cas, le personnel de droit privé d'un organisme de tourisme relève de la convention collective nationale des organismes de tourisme du 5 février 1996.
03L'EPIC : le seul statut que le Code du tourisme décrit article par article
L'ordonnance du 26 mars 2015 a réécrit les articles L133-5, L133-6 et L133-8 pour y faire entrer l'intercommunalité. Le cadre tient en quelques règles. L'office est « administré par un comité de direction et dirigé par un directeur » (L133-4). Les représentants de la collectivité ou de l'EPCI « détiennent la majorité des sièges du comité de direction » (L133-5). Le directeur assure le fonctionnement sous l'autorité du président, il est nommé et licencié par délibération du comité sur proposition du président, et il « ne peut être conseiller municipal » (L133-6).
Côté argent, l'article L133-7 liste les recettes : subventions, souscriptions privées, dons et legs, taxe de séjour, une part de la taxe sur les remontées mécaniques, produits de la gestion d'équipements. Le budget et les comptes, délibérés par le comité, passent ensuite à l'approbation du conseil municipal ou communautaire (L133-8). La partie réglementaire ajoute le rythme : au moins six réunions par an, un président et deux vice-présidents au plus élus en son sein (R133-1).
L'EPIC convient à l'office qui encaisse la taxe de séjour, gère des équipements et commercialise. Il coûte en formalisme : un comité à réunir, un budget à faire approuver, des marchés publics à passer.
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Recevoir la grille04Association, SPL, SEM : les statuts de droit privé
L'association reste la forme historique. En 2014, sept offices sur dix l'avaient choisie. Elle est souple, elle associe naturellement les hébergeurs et les commerçants, et ses statuts se rédigent librement dans la limite de R133-19. Sa fragilité est ailleurs : une association qui vit de la subvention d'une seule collectivité, avec des élus majoritaires au conseil, a tout d'un démembrement de la collectivité. Le statut privé devient alors une façade.
La SPL relève de l'article L1531-1 du CGCT. Les collectivités en détiennent la totalité du capital, à au moins deux, et elle n'agit que pour ses actionnaires et sur leur territoire. Le Code du tourisme la prévoit : quand l'office est une SPL, les professionnels siègent au conseil d'administration ou dans un comité technique qui rend des avis aux administrateurs (R133-19-1). Son intérêt tient à la quasi-régie : si les actionnaires la contrôlent comme leurs propres services et si elle réalise plus de 80 % de son activité pour eux, ils lui confient des missions sans mise en concurrence (L2511-1 du Code de la commande publique).
La SEM, régie par l'article L1521-1 du CGCT, accepte des actionnaires privés. Elle devient pertinente quand l'office porte une activité franchement commerciale avec des partenaires qui veulent en être actionnaires. Pour un office d'accueil et de promotion, elle ajoute une complexité sans contrepartie.
Le piège de l'association
Une association financée majoritairement par l'intercommunalité est un pouvoir adjudicateur au sens du 2° de l'article L1211-1 du Code de la commande publique. Sa refonte de site, sa carte, ses brochures se passent alors selon les seuils de la commande publique, même si ses statuts n'en disent rien.
05La régie : SPA ou SPIC
La régie n'a pas de personnalité morale : l'office est un service de la collectivité. En régie administrative, les dépenses et recettes passent dans le budget principal. En régie dotée de l'autonomie financière, un budget annexe isole l'activité et un conseil d'exploitation la suit. Dans les deux cas, l'article R133-19 s'applique : la délibération fixe un organe délibérant où siègent des représentants des professions du tourisme. Un simple service tourisme, sans cet organe, n'est pas un office de tourisme au sens du code.
La régie convient à un petit territoire qui fait surtout de l'accueil. Elle se heurte vite à la commercialisation, parce que chaque vente passe par la comptabilité publique de la collectivité.
06Personnel, TVA, achats : ce que le statut change au quotidien
Une fiche de la DGFiP mise à jour en mars 2016 range les recettes d'un office en EPIC en trois familles. L'accueil et l'information, la délivrance de guides et de cartes « à titre gratuit ou moyennant un prix symbolique » sont hors du champ de la TVA. Les services culturels ou sportifs le sont aussi quand il n'y a pas de concurrence, une piscine ou un musée par exemple. Tout le reste est taxable, « quel que soit le statut juridique » : ventes de boutique, prestations facturées aux partenaires, parrainage, organisation de séjours, location de salles aménagées.
La commande publique suit la personnalité morale. Un EPIC est une personne morale de droit public, donc pouvoir adjudicateur au sens du 1° de l'article L1211-1. Une SPL, créée pour une mission d'intérêt général et contrôlée par ses actionnaires publics, l'est au titre du 2°. En régie, c'est la collectivité qui achète. Le jour où l'office consulte pour son site ou sa carte interactive, le statut décide de qui signe et de quelles règles s'appliquent.
La carte d'un parc naturel régional sur son site : un outil que l'office achète selon les règles de son statut.
Pour le personnel, le passage d'une régie à un EPIC ou à une SPL fait basculer des agents publics vers des contrats de droit privé. C'est le poste de la réforme qui prend le plus de temps.
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Recevoir la grille07Stations classées et communes touristiques : la dérogation au transfert
La loi Montagne du 28 décembre 2016, puis la loi Engagement et proximité du 27 décembre 2019, ont ouvert une porte que la loi NOTRe avait fermée. L'article L5214-16 du CGCT, dans sa version du 13 avril 2025, permet aux communes « érigées en stations classées de tourisme » de « conserver ou de retrouver l'exercice de la compétence », par délibération et après avis de la communauté de communes, rendu sous trois mois. La communauté garde en parallèle la promotion sur le territoire de cette commune, sans pouvoir y créer d'office.
La dérogation tombe avec le classement. En cas de perte du classement en station, la délibération « cesse de produire ses effets » et la compétence revient entière à la communauté. Une commune touristique non classée peut, elle, demander à retrouver la compétence, mais il faut des délibérations concordantes à la majorité requise pour créer l'établissement.
Côté intercommunalité, l'article L134-2 du Code du tourisme transforme les offices des communes touristiques et des stations classées en bureaux d'information de l'office intercommunal, sauf s'ils en deviennent le siège. L'EPCI peut toutefois décider, au plus tard trois mois avant le transfert, de garder des offices distincts pour ses stations classées. Les communautés urbaines et les métropoles peuvent aussi créer plusieurs offices, à périmètres disjoints (L134-1-1).
08Changer de statut sans casser l'office
- 1
Vérifier qui détient la compétence
Communauté, station classée ayant conservé la compétence, ou commune touristique qui l'a retrouvée : c'est cet organe qui délibère.
- 2
Lister ce que l'office fait vraiment
Accueil seul, taxe de séjour, équipements, commercialisation : chaque activité pèse sur le choix, et sur la TVA.
- 3
Choisir la forme et rédiger la délibération
Statut, composition de l'organe délibérant, place des professionnels (R133-19), et pour un EPIC la composition du comité (R133-1).
- 4
Transférer le personnel et les contrats
Contrats de travail, marchés en cours, abonnements, noms de domaine : tout ce qui était signé par l'ancienne structure change de titulaire.
Une limite : on n'a pas de mesure publique récente de la répartition des statuts depuis la vague de fusions intercommunales. Les chiffres de 2014 datent d'avant la loi NOTRe.
FAQ
Quels sont les statuts possibles pour un office de tourisme ?
Régie (administrative ou à autonomie financière), EPIC, association loi 1901, SPL et SEM. Le conseil qui crée l'office choisit par délibération (L133-2). Seul l'EPIC est décrit en détail par le Code du tourisme, aux articles L133-4 à L133-10.
Qui dirige un office de tourisme en EPIC ?
Un comité de direction, où les élus de la collectivité ou de l'EPCI détiennent la majorité, et un directeur qui assure le fonctionnement sous l'autorité du président. Le directeur est nommé par le comité sur proposition du président et ne peut pas être conseiller municipal.
Un office de tourisme associatif doit-il appliquer le Code de la commande publique ?
Oui, s'il est financé majoritairement par une collectivité, ou si son conseil d'administration est composé en majorité de membres désignés par elle. Il est alors pouvoir adjudicateur au sens du 2° de l'article L1211-1.
Quelle différence entre une SPL et une SEM pour le tourisme ?
La SPL n'a que des actionnaires publics, au moins deux, et travaille uniquement pour eux, ce qui permet de lui confier des missions sans mise en concurrence. La SEM ouvre son capital à des actionnaires privés, sous majorité publique.
Une commune station classée peut-elle garder son office de tourisme ?
Oui. Elle peut conserver ou retrouver la compétence par délibération, après avis de la communauté de communes (L5214-16 du CGCT). Si elle perd son classement, la compétence revient entièrement à la communauté.
Un office de tourisme paie-t-il la TVA ?
Pas sur l'accueil et l'information gratuits, ni pour un EPIC sur la taxe de séjour qui lui est reversée. Oui sur les ventes de boutique, les prestations facturées aux partenaires, la commercialisation de séjours et les autres activités concurrentielles, quel que soit le statut.
Sources
- Article L133-1 du Code du tourisme, création de l'office par délibération, version issue de la loi du 7 août 2015, consulté le 27 septembre 2026
- Article L133-2 du Code du tourisme, statut fixé par le conseil municipal, consulté le 27 septembre 2026
- Article L133-3 du Code du tourisme, missions de l'office, consulté le 27 septembre 2026
- Article L133-4 du Code du tourisme, comité de direction et directeur, consulté le 27 septembre 2026
- Article L133-5 du Code du tourisme, majorité des élus au comité, version du 28 mars 2015, consulté le 27 septembre 2026
- Article L133-6 du Code du tourisme, le directeur, version du 28 mars 2015, consulté le 27 septembre 2026
- Article L133-7 du Code du tourisme, recettes de l'office, consulté le 27 septembre 2026
- Article L133-8 du Code du tourisme, budget et comptes, consulté le 27 septembre 2026
- Article L133-10 du Code du tourisme, décrets d'application, consulté le 27 septembre 2026
- Article R133-1 du Code du tourisme, composition et réunions du comité de direction, consulté le 27 septembre 2026
- Article R133-19 du Code du tourisme, offices qui ne sont pas des EPIC, consulté le 27 septembre 2026
- Article R133-19-1 du Code du tourisme, office constitué en SPL, consulté le 27 septembre 2026
- Article L134-1 du Code du tourisme, compétence des intercommunalités, version du 30 décembre 2016, consulté le 27 septembre 2026
- Article L134-1-1 du Code du tourisme, offices des communautés urbaines et métropoles, consulté le 27 septembre 2026
- Article L134-2 du Code du tourisme, offices des stations classées lors du transfert, version du 29 décembre 2019, consulté le 27 septembre 2026
- Article 68 de la loi n° 2015-991 du 7 août 2015 (NOTRe), consulté le 27 septembre 2026
- Article L5214-16 du CGCT, compétences des communautés de communes et dérogation des stations classées, version du 13 avril 2025, consulté le 27 septembre 2026
- Article L1531-1 du CGCT, sociétés publiques locales, consulté le 27 septembre 2026
- Article L1521-1 du CGCT, sociétés d'économie mixte locales, consulté le 27 septembre 2026
- Article L1211-1 du Code de la commande publique, pouvoirs adjudicateurs, consulté le 27 septembre 2026
- Article L2511-1 du Code de la commande publique, quasi-régie, consulté le 27 septembre 2026
- Collectivités locales et TVA : offices de tourisme et syndicats d'initiative, DGFiP, mise à jour de mars 2016, consulté le 27 septembre 2026
- Convention collective nationale des organismes de tourisme du 5 février 1996, consultée le 27 septembre 2026
- Offices de Tourisme de France, fiche du ministère de l'Agriculture, chiffres 2014, page du 17 août 2015, consultée le 27 septembre 2026
- ADN Tourisme, fédération des offices, CDT et CRT, consulté le 27 septembre 2026
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